Bonjour à toutes celles et tous ceux qui passent par ici, juste un petit mot pour dire que 1) je suis toujours vivante et que 2) je suis en train de monter un blog féministe avec trois autres personnes, pour construire un site plus nourri, plus riche, et - espérons-le - plus intéressant, d'où mon silence ici. Dès que nous sommes prêtes (ça prend un peu de temps) je vous indique le lien ici, et on fait la "passation" officielle. À bientôt! MG.
Samedi soir, soirée privée. Je vais au "bar", tenu par un jeune homme d'une trentaine d'années.
- Un rhum-coca s'il te plaît.
- Ah non, désolé, on ne sert pas d'alcool aux femmes.
- Et pourquoi cela ?
- Parce que j'ai passé la nuit de mercredi à jeudi aux urgences, aux côtés d'une femme en coma éthylique, et franchement, c'est pas beau à voir.
- Un homme en coma éthylique, ce n'est pas beau non plus.
- Oui, mais c'est un homme.
- Ah d'accord, c'est dans les gènes, donc c'est moins grave ?
- Exactement.
- Alors trinquons au déterminisme biologique, mais avec de l'alccol, s'il te plaît.
Il ne saisit pas mon ironie, me sert quand même mon verre l'air de dire "allez, juste parce que c'est toi, je te fais une fleur et je te mets une larme de rhum dans ton coca", et moi je me barre. Fin de l'histoire.
Hier soir vêtue d'une chemise de nuit satin couleur aubergine achetée il y a environ cinq ans je lisais le bouquin de Löwy quand d'un coup le décalage flagrant entre ce que m'inspirait ma lecture d'une part et mes sensations physiques d'autre part m'est brusquement apparu dans son absurdité la plus crue. J'étais là, enserrée dans un machin qui sous couvert de broderies et de petits lacets si mignons me ligotait la taille et me comprimait la poitrine, un machin prévu pour dormir ce qui est quand même le moment où plus que tout autre on doit être à l'aise, et en parallèle je lisais une analyse de l'inégalité esthétique entre hommes et femmes, selon laquelle les femmes subissent une injonction de beauté qui les dessert profondément. Et là je me suis dit non, ça suffit les conneries, je suis allée chercher un vieux débardeur et une culotte, j'ai pris mon mec par la main en lui disant "viens on va faire un truc rigolo", je l'ai entraîné dans la salle de bains et là devant la glace pour bien voir ce que je faisais, j'ai attrapé une paire de ciseaux et j'ai découpé ma chemise de nuit qui était encore sur moi, puis je l'ai enlevé et j'ai mis ma nouvelle tenue de lit.
Bon, je sais qu'il y a un côté un peu ridicule, genre parodie des feux de joie de soutien-gorge des années 1970, mais moi ça m'a fait un bien fou, vous n'imaginez pas, en général je suis bien trop élevée pour m'autoriser ce genre de chose.
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