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Pour information, je n'ai aucun moyen de savoir d'où viennent les visiteurs qui atterissent sur ce blog. Donc si vous avez mis mon blog dans vos liens et que vous souhaitez que je fasse de même, envoyez moi un petit mot ("contact" tout en bas), sinon je ne m'en rendrai jamais compte!  

Mercredi 11 juillet 2007
Ca a pris un peu de temps, mais ça y est, ce fameux nouveau blog que je vous promettais est officiellement lancé. Mauvais Genre est donc terminé, mais si le coeur vous en dit, venez donc faire un tour sur La terre est plate, où nous sommes quatre : quatre voix différentes, quatre voix de filles, qui essaient de questionner les rapports sociaux de sexe, chacune à sa manière. Au programme : de la fiction, des fiches pratiques, des lexiques, de grandes réflexions existentielles, des opérations commando... et encore plein d'autre chose. Au plaisir de vous lire là-bas, bien à vous, MG.
par Mauvais Genre publié dans : mauvais.genre
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Lundi 4 juin 2007
Bonjour à toutes celles et tous ceux qui passent par ici, juste un petit mot pour dire que 1) je suis toujours vivante et que 2) je suis en train de monter un blog féministe avec trois autres personnes, pour construire un site plus nourri, plus riche, et - espérons-le - plus intéressant, d'où mon silence ici. Dès que nous sommes prêtes (ça prend un peu de temps) je vous indique le lien ici, et on fait la "passation" officielle. À bientôt! MG.
par Mauvais Genre publié dans : mauvais.genre
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Dimanche 29 avril 2007
Samedi soir, soirée privée. Je vais au "bar", tenu par un jeune homme d'une trentaine d'années.

- Un rhum-coca s'il te plaît.
- Ah non, désolé, on ne sert pas d'alcool aux femmes.
- Et pourquoi cela ?
- Parce que j'ai passé la nuit de mercredi à jeudi aux urgences, aux côtés d'une femme en coma éthylique, et franchement, c'est pas beau à voir.
- Un homme en coma éthylique, ce n'est pas beau non plus.
- Oui, mais c'est un homme.
- Ah d'accord, c'est dans les gènes, donc c'est moins grave ?
- Exactement.
- Alors trinquons au déterminisme biologique, mais avec de l'alccol, s'il te plaît.

Il ne saisit pas mon ironie, me sert quand même mon verre l'air de dire "allez, juste parce que c'est toi, je te fais une fleur et je te mets une larme de rhum dans ton coca", et moi je me barre. Fin de l'histoire.
par Mauvais Genre publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 17 avril 2007
Hier soir vêtue d'une chemise de nuit satin couleur aubergine achetée il y a environ cinq ans je lisais le bouquin de Löwy quand d'un coup le décalage flagrant entre ce que m'inspirait ma lecture d'une part et mes sensations physiques d'autre part m'est brusquement apparu dans son absurdité la plus crue. J'étais là, enserrée dans un machin qui sous couvert de broderies et de petits lacets si mignons me ligotait la taille et me comprimait la poitrine, un machin prévu pour dormir ce qui est quand même le moment où plus que tout autre on doit être à l'aise, et en parallèle je lisais une analyse de l'inégalité esthétique entre hommes et femmes, selon laquelle les femmes subissent une injonction de beauté qui les dessert profondément. Et là je me suis dit non, ça suffit les conneries, je suis allée chercher un vieux débardeur et une culotte, j'ai pris mon mec par la main en lui disant "viens on va faire un truc rigolo", je l'ai entraîné dans la salle de bains et là devant la glace pour bien voir ce que je faisais, j'ai attrapé une paire de ciseaux et j'ai découpé ma chemise de nuit qui était encore sur moi, puis je l'ai enlevé et j'ai mis ma nouvelle tenue de lit.

Bon, je sais qu'il y a un côté un peu ridicule, genre parodie des feux de joie de soutien-gorge des années 1970, mais moi ça m'a fait un bien fou, vous n'imaginez pas, en général je suis bien trop élevée pour m'autoriser ce genre de chose.
par Mauvais Genre publié dans : Révélations
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Mardi 10 avril 2007
J'ai lu ce week-end Boys boys boys de Joy Sorman, roman dont le quatrième de couverture pose d'emblée la dimension féministe :

"Quand il m'a quittée pour une autre vous étiez toutes là pour me dire combien il ne me méritait pas, quand j'ai échoué à mes examens vous étiez toutes là pour me dire qu'un concours c'est aléatoire, quand j'ai négligé de m'inscrire sur les listes électorales vous étiez toutes là pour me dire qu'il n'y avait plus de différence entre la droite et la gauche, quand j'ai eu ma période chanson française vous étiez toutes là pour pleurer avec moi au karaoké sur des tubes de France Gall, quand j'ai porté des jupes sur des pantalons vous étiez toutes là pour me dire que ça affinait ma silhouette. Vous n'avez jamais voulu me faire de la peine, vous m'avez protégée parce que c'est ça le boulot des copines. Maintenant je veux qu'on me pète la gueule."

Boys, boys, boys est le récit d'une fille qui prend les armes et choisit son camp. Avec un projet, presque un projet secret : échapper au mutisme fatal de ses contemporaines, s'inviter chez les garçons, s'emparer de leur parole virile - être féministe autrement."

En fait, quand vous avez lu ça, vous connaissez à peu près la trame: c'est l'histoire d'une femme d'une trentaine d'années qui décide de quitter le féminin pour passer du côté de la virilité, cette dernière étant vue comme l'idéal à atteindre pour tous, hommes et femmes.

Pour ce faire, l'héroïne se met à fréquenter assidûment des groupes de garçons afin d'"apprendre" la sociabilité masculine. Ces passages-là sont assez intéressants, car l'auteure y décrit, d'une façon assez juste, à quel point il y a une différence* entre la façon dont hommes et femmes se comportent en groupe: les hommes s'affrontent, politisent tous les sujets, tandis que les femmes prennent soin les unes des autres, se donnent des conseils, commentent l'actualité plutôt que d'en débattre. Et elle explique aussi à quel point il est difficile pour une femme de s'imposer dans un groupe de garçon, à quel point il faut se battre pour obtenir (et garder) la parole, surtout quand, justement, on n'a pas d'entraînement.

Ensuite, après avoir rencontré quelqu'un, elle essaie de mettre en pratique son féminisme à l'intérieur de son couple. Là, les choses sont un peu moins claires, mais disons que dans l'ensemble, il s'agit de ne surtout pas se "reféminiser" par le biais de la relation amoureuse, ce qui passe pour l'héroïne par un refus abolu du modèle classique du gentil petit couple qui s'embrasse en public, qui prend un dessert pour deux au resto et qui ne discute que de sujets qui ne fâchent pas. Il s'agit donc de réinventer le couple (le privé est politique), d'en faire un espace strictement égalitaire composé de deux personnes viriles (c'est-à-dire indépendantes et maîtresses de leur parole).

Bon, tout ça est intéressant, mais j'avoue ne pas être non plus emballée. Déjà parce que ce n'est pas spécialement bien écrit: un style assez mou,
une écriture familière mais sans vraiment de force, un genre de sous-Despentes, mais sans l'énergie. Honnêtement, à la fin du premier chapitre, je regrettais mes 11 euros et je me disais que tout de même, il était un peu étrange qu'un tel bouquin ait obtenu un prix littéraire (le prix de Flore en l'occurence). Bon après, ça s'améliore un peu, et il y a quand même quelques belles pages, mais le tout n'est pas, à mon sens, très convainquant. En fait, à bien y repenser, les thématiques sont pertinentes (l'importance de la parole, le féminisme à l'épreuve du couple), l'auteure pose de vrais questions, mais la façon dont elle les traite est un peu frustrante, parce qu'on a du mal à voir exactement sur quelle vision du monde tout ceci repose (suffit-il vraiment de décider de devenir virile pour que ça arrive effectivement ? pourquoi l'idéal est-il l'avènement de la virilité pour tous ?). Disons que c'est sans doute un bouquin pas vraiment abouti.

*
En tout cas dans les classes moyennes-supérieures des populations urbaines, sans pour autant d'ailleurs que ce caractère très "local" du milieu soit explicité.

PS : D'autres avis ici et ici.
par Mauvais Genre publié dans : Lectures
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